Après la guerre de Sept-ans

Carte des belligérants de la guerre de Sept-ans

La guerre de Sept-ans (1756-1763) est une guerre qui oppose deux blocs de belligérants européens, mais qui a des prolongations au-delà du continent.


 

La guerre de Sept-ans est une résurgence du conflit entre la Prusse et l’Autriche. Marie-Thérèse d’Autriche signe le traité d’Aix-la-Chapelle en 1748 afin de se donner le temps de préparer une riposte aux visées de Frédéric II sur les territoires de l’Est.

La Grande-Bretagne contraint l’Autriche à céder aux ambitions de la Prusse sur la Silésie.

Louis XV, allié de la Prusse, fait volte-face, après la signature du traité de Westminster , le 16 janvier 1756, entre l’Angleterre et Frédéric II de Prusse, traité par lequel celui-ci s’engage à empêcher les Français d’envahir le Hanovre, qui appartient au souverain anglais.

La Grande-Bretagne ne se contente plus de lorgner sur les possessions françaises en Amérique du Nord, le Canada, les territoires du Mississipi, la Louisiane et la vallée de l’Ohio : elle attaque.

La guerre débute en Europe, puis gagne la Méditerranée, l’Inde, le Canada, les Caraïbes jusqu’aux Philippines. En fait, il s’agit de la première guerre à échelle mondiale. Elle va consacrer la puissance maritime anglaise.

Le traité de Paris, le 10 février 1763, consacre la paix mais aussi une série de trocs de territoires entre les ex-combattants.

La France voit s’écrouler toutes ses colonies en Amérique comme un château de cartes  et ne s’en remettra pas comme l’explique Marion- Françoise Godfroy dans son ouvrage Kourou, 1763 : le dernier rêve de l’Amérique française.

Les Acadiens

La longue errance des Acadiens commence avant la signature du traité de paix. Des petits groupes expulsés ou qui ont choisi l’exil plutôt que de céder aux Anglais, descendent sur la côte atlantique de l’Amérique jusqu’en Virginie, puis en Louisiane. D’autres sont transportés par les vainqueurs en Angleterre où ils sont emprisonnés dans des barges des pontons de Bristol, et d’autres ports. On les retrouve enfin en Saintonge, où une partie s’installe définitivement.

Des groupes d’Acadiens embarquent à destination de la Guyane en 1763 tandis que d’autres optent pour les Caraïbes (Martinique, Guadeloupe et Saint-Domingue).

Envoyés à Sinnamary ou sur l’Approuague, les Acadiens de Guyane succomberont en masse aux maladies. Les registres paroissiaux des communes en témoignent.

Le destin de deux familles Lamoureux que nous avons pu suivre en retraçant leur arbre généalogique, est marqué d’aller-retour entre La Nouvelle-Orléans (qui reste française après la guerre de Sept-ans) et Cayenne. Les Lamoureux possédait deux habitations sur le fleuve Sinnamary en 1820. Pierre était parmi les «grands» propriétaires du poste.

Les Allemands

«Il régnait alors dans les provinces d’Allemagne, une ardeur guerrière telle qu’on n’en avait point vue depuis plusieurs siècles. Dans les autres guerres, même lorsque sous Charles-Quint, et sous Gustave-Adophe,les Allemands s’égorgeaient pour la religion, il n’y avait pas eu d’aussi formidables armemens, que dans ce moment où tous les peuples de l’Allemagne, grands et petits, couraient aux armes pour combattre en faveur de Frédéric ou de Marie-Thérèse et de ses alliés. Cependant, l’armée de l’Empire s’assemblait, et il faut convenir qu’elle représentait d’un manière un peu risible la vénérable ligue germanique. Ces troupes ressemblaient beaucoup aux croisés. Les contingens de la Bavière, du Palatinat, du Wirtemberg et de quelques autres états exceptés, tout le reste consistait en un ramassis de hordes indisciplinées, dont les différentes troupes formaient un tout chamarré de mille couleurs.»

Johann Wilhelm von Archenhol. Histoire de la guerre de Sept-ans commencée en 1756 et terminée en 1763. Publié à Paris, Metz et Strasbourg en 1789.

La région du Palatinat du Rhin est une région de passage, et à ce titre, les têtes couronnées européennes se l’arrachent littéralement. Les guerres de Louis XIV l’ont dévasté, et un premier contingent de Palatins, persécutés par les catholiques, s’est exilé dès la moitié du XVIIe siècle vers les pays voisins, mais aussi vers l’Angleterre et au-delà, en Pennsylvanie, où ils viennent peupler Philadelphie.

Le rude hiver de 1709-1710 jette une nouvelle fois la population sur les routes. Le pli semble pris : l’exil pour vivre. Les Anglais les accueillent à bras ouverts tout comme les Français, au moment où ils organisent l’expédition de Kourou.

 

Sur le bureau :

Combattre pour la France en Amérique. Les soldats de la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France (1755-1760). Ouvrage collectif de chercheurs

La guerre de Sept-ans. Musée de la guerre du Canada. (le conflit vu du Canada)

La série, Les passagers du vent de François Bourgeon, évoque brièvement les Acadiens en Angleterre dans son premier tome.

A réécouter :

France Inter. 2000 ans d’histoire sur les Acadiens réfugiés en Saintonge avec Jean-François Mouhot.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s