Allemagne

Les destins se croisent

Iles du Salut, au large de Kourou

Les îles du Salut, au large de Kourou. © Patrick Hertzog.

Depuis quelques jours, la recherche de détails sur les origines des familles Horth et Vernet en Guyane s’est intensifiée. Les questions de la part des membres des familles se teintent d’une once d’inquiétude voire d’anxiété car les documents officiels semblent se dérober.

«Alors, on ne saura jamais ?»

C’est une possibilité.

Mais en attendant le point final -s’il existe-, il reste quelques belles déductions.

Jean, le soldat de Mayence

Côté Vernet, il s’agit de comprendre ce que Jean Vern, Verne, Vernon, Vernet qui comparaît, à 17 ans, devant la cour militaire de Cayenne en novembre 1752, fait en Guyane française.

Jean est originaire de Mayence, dans le Palatinat.

Par quel subterfuge, est-il à Cayenne ? Et dans quelles troupes ?

D’après les registres du personnel ancien de la colonie de Guyane que l’on retrouve sur le site des Archives nationales de l’Outre-mer, il semble que deux types de troupes aient cohabité à Cayenne : des troupes dites «nationales» et des compagnies franches de la Marine.

Ces dernières ont été fondées sous Richelieu. Ce sont des soldats servant dans la Marine de guerre, autrefois chargés de protéger le littoral français et les colonies, et qui se sont implantés comme troupes de garnison en Guyane, dans les Caraïbes, et en Amérique du Nord.

En compulsant l’ouvrage de Pierre Thibaudault, Échec de la démesure en Guyane : autour de l’expédition de Kourou, une tentative européenne de réforme des conceptions coloniales sous Choiseul, on apprend qu’il y a trois compagnies de militaires en 1750, réparties dans trois paroisses : Cayenne, Roura et Macouria.

Ces compagnies sont indépendantes, commandés par des officiers issus de famille aisées ou nobles : Jacques-Alexandre d’Audiffredy, cadet de marine à Rochefort, est de ceux-là. Il semble que sa compagnie soit installée depuis un petit moment. Né sur l’île d’Oléron (la famille est originaire de Provence), l’officier décède en 1776 à Cayenne.

En 1755, il y a 10 compagnies dans la place. Ce renfort s’observe également dans les autres implantations Caraïbes et Amérique du Nord (la guerre de Sept-Ans est sur le point d’éclater).

Mais curieusement, alors qu’au Québec, les historiens militaires décrivent l’état des soldats comme avantageux, insistant sur le fait qu’ils sont bien nourris, bien habillés, bien payés, Pierre Thibaudault fait une description presque apocalyptique de la situation des militaires, mal payés, allant nus pieds dans les rues de Cayenne, crevant de faim (les colons sont tenus de les nourrir), et prêts à toutes les rapines.

Antoine le charpentier

Antoine est un personnage très intrigant.

En collectant plusieurs informations, nous avons compris qu’Antoine Horth a fait le trajet du Palatinat en 1763, et s’est retrouvé en Saintonge en train d’attendre désespérément un embarquement.

Il a 20 ans, et il est donc mineur, selon la loi française qui fixe la majorité à 25 ans à cette époque-là. Or, les mineurs ne peuvent participer à l’expédition coloniale que s’ils disposent de l’autorisation parentale.

Antoine est-il né dans une région où le droit germanique s’applique (Speyer ou Mackern) ? Alors, il est majeur (14 à 18 ans, selon la maturité).

En tout cas, nos recherches ont avancé : Antoine n’est pas marié avec Catherine Thomas, veuve Thergauvre, en Saintonge. Le deuxième mari de Catherine, le maçon Magnus Heister est décédé à St Jean-d’Angély, le 5 décembre 1763.

En revanche, selon les listes établies par Pierre Thibaudault, Catherine et son fils Antoine, âgé de 10 ans,  ainsi que Antoine Hor(d)e embarquent le même jour pour la Guyane. Chacun porte son nom de famille.

A nous d’imaginer à quel moment le couple se forme entre Rochefort, les îles du Salut et Malmanoury.

 

Les prénoms dans la famille Vernet

Les prénoms de la famille Vernet de 1765 à 1903.

Les prénoms de la famille Vernet de 1765 à 1903.

Pour ce nuage de prénoms , nous avons pris en compte les prénoms qui figurent dans les actes de la vie religieuse et civile.

Certains sont vraisemblablement des prénoms composés, mais il était difficile d’appliquer une règle sans savoir si, par exemple, la personne se prénommait Marie, ou Marie-Léodate. D’où la décision arbitraire de ne pas considérer les prénoms composés.

Ce nuage illustre la tendance des prénoms sur 75 personnes qui ont porté le nom de Vernet.

A noter, au centre du tableau, l’originalité du prénom : Yve.

Mais ce n’est pas le seul.

Il était une fois, deux familles Vernet

Cayenne. 2014. Maison familiale Vernet. © Jean-Luc Vernet.

Cayenne. 2014. Maison familiale Vernet. © Jean-Luc Vernet.

Il était une fois, Georges Vernet, originaire du Palatinat, débarqué en Guyane en 1764, avec trois filles et trois fils, dont un Jean Vernet, âgé de 15 ans.

Il était une fois, Jean Vern, Pern, Vernet ou Vernon, soldat originaire de Mayence, vivant en Guyane en 1764.

Fichtre, nous voilà dans le pétrin avec ces deux-là.

Derrière ce «nous», il y a d’une part, un généalogiste émérite Philippe Medan, participant d’un des forums du site Geneanet, qui a entrepris d’intégrer tous les habitants de la côte guyanaise dans le programme de généalogie dudit site, et d’autre part, le noyau dur et amical de «Enquête d’histoires».

Il y a donc deux histoires qui, par la coïncidence de deux prénoms et l’incertitude entourant des orthographes ou des dates écrites par des humains peu familiarisés avec les noms allemands, vont se fondre en une seule saga.

. Georges Vernet du « Palatin »

Georges Vernet est vigneron, et il est né en 1718 dans le Palatinat. Sa femme se nomme Catherine Marcklin (ou Merkel), née en 1722 à Kortwiller, ou Kottweiler, à moins que ce ne soit tout simplement Ottweiler. Les possibilités semblent infinies dans cette déclinaison.

Georges et Catherine Vernet avaient trois garçons et trois filles, tous nés à Kortwiller-Kottweiler-Ottweiler : Jean en 1749, Jacob en 1751,  Joseph en 1757, Marie-Catherine en 1754, Catherine en 1760  et Elisabeth née en 1762.

Toute la famille apparaît sur une liste de passagers pour la Guyane, établie à Strasbourg, et il y est indiqué qu’ils sont partis le 20 juin 1764 de la cité alsacienne.

A cette date, débordés par les problèmes d’installation, les organisateurs du plan de colonisation ont arrêté depuis deux mois les débarquements sur la côte guyanaise, et se retranchent sur les débarquements aux îles.

Jean Vernet, sa femme et ses six enfants, sont enregistrés comme passagers pour la Guyane et quittent Strasbourg le 20 juin 1764.Aux îles du Salut, un bordereau fait apparaître Georges Vernet pour des travaux de menuiserie, aux côtés d'Antoine Horth. Et puis, en mars 1765, au détour d'un court document, on découvre qu'il y a trois orphelins Vernet, à Kourou : Jacob, Jean et Joseph.

Jean Vernet, sa femme et ses six enfants, sont enregistrés comme passagers pour la Guyane et quittent Strasbourg le 20 juin 1764.Aux îles du Salut, un bordereau fait apparaître Georges Vernet pour des travaux de menuiserie, aux côtés d’Antoine Horth. Et puis, en mars 1765, au détour d’un court document, on découvre qu’il y a trois orphelins Vernet, à Kourou : Jacob, Jean et Joseph.

 

Chez les descendants Vernet, on raconte que l’ancêtre, Georges, venait de Bordeaux. A l’époque, les Vernet de Bordeaux ne sont pas légion. Est-ce à dire que le port d’embarquement de Georges n’est pas Rochefort, mais Bayonne ou Bordeaux ?

En outre, il n’y a plus de comptabilité des colons à partir de mai 1764, dit le Précis historique de l’expédition du Kourou. Ce qui laisse le hasard décider sur le sort des uns ou des autres.

Quoiqu’il en soit, en février 1765, sur un bordereau de décaissement remplis aux îles du Salut, le nom de Georges Vernet apparaît. Les agents du roi lui ont payé 19 livres pour des travaux de menuiserie.

Puis, un mois plus tard, dans un recensement de Kourou, n’apparaissent plus que trois Vernet : Jean, Jacob et Joseph, notés comme orphelins. Leurs parents, Georges et Catherine, auraient donc succombé ainsi que leurs trois soeurs ? A moins que… ils ne soient repartis en laissant les trois fils tenter leur chance.

On dit que des groupes d’Allemands seraient repartis vers les Antilles et Saint-Domingue.

La petite Elisabeth Vernet, âgée de 2 ans, et ses soeurs aurait-elle survécu à une nouvelle traversée ?

Les personnages de la famille de Georges Vernet : Georges, sa femme Catherine Marcklin, et leurs enfants, Jean, Jacob, Joseph, Marie-Catherine, Catherine et Elisabeth.

. Jean Vernet de Mayence

Jean Vern, Bern, Vernet ou Vernon – l’écriture est illisible sur le registre paroissial – apparaît pour la première fois le 10 juin 1765 à Cayenne. Il est dit, «originaire de Mayence», et soldat. Selon l’acte, il est né en 1736. Veuf de Marguerite Huidetophone, il épouse Marguerite Théato, fille de François Théato et Elizabeth Tromm ou Traune.

Les Théato sont originaires du diocèse de Worms, et Marguerite dont le nom s’orthographie de plusieurs façons avant de s’établir définitivement comme Théato, est née à Phalsbourg.

Nous sommes donc entre Rhénans.

C’est à partir de cet acte que l’histoire des descendants de Georges Vernet bascule.

Car le militaire de Mayence prénomme l’un de ses fils Jean-Jacob, né le 8 juin 1767 à Cayenne.

Les personnages de la famille de Jean Vern, Pern : Jean, sa première épouse, Marguerite Huidetophone, sa femme Marguerite Théato ou Déado, et leurs enfants nés en Guyane, Elisabeth, Jean dit "Jacob", David, Georges et Catherine Marguerite.

Qui épouse Marguerite Théato et Elizabeth Nadeau ?

  • La première hypothèse d’une descendance de Georges Vernet en Guyane offrait un schéma «romantique» en faisant épouser Marguerite Théato à l’aîné des fils Vernet, Jean,  ainsi qu’une créole du nom de Elisabeth Nadeau au frère cadet, Jean-Jacob Vernet. Joseph, le benjamin, après quelques ratés dans les dates de naissance inscrites dans les registres paroissiaux, pouvait expliquer par sa simple existence, comment d’un seul coup le couple des Horth de l’anse de Malmanoury avait un fils répondant au prénom de Joseph : en l’adoptant.
  • Dans la seconde hypothèse, c’est Jean-Jacob Vern, Pern, Vernon ou Vernet, le fils du militaire de Mayence , né à Cayenne le 8 juin 1767, qui épouse Elisabeth Nadeau à une date inconnue. Il est vrai que l’on voit mieux une jeunesse épouser un Jean-Jacob de 6 ans son aîné, plutôt qu’un homme qui aurait plus de 20 de différence d’âge.

Mais, le mystère s’épaissit quand on croit deviner que Jean-Jacob*, devenu lui aussi soldat, passer en cour martiale durant la Révolution.

Le créole, qui dans les états de service de l’armée, aux archives de Vincennes est désigné sous les prénoms et nom de  «Jean-Nicolas Pernet», qui vivait à Cayenne, se serait mis  «au vert» du côté de Sinnamary pour fonder une famille.

Du côté de l’anse de Malmanoury où l’on a côtoyé des Vernet.

Si l’on retient cette idée, Jean et Jacob Vernet, fils de Georges et Catherine Marcklin, seraient alors décédés à Kourou peu après que l’on est enregistré leur qualité d’orphelins, mais ils auraient transmis et fixé le nom de Vernet par capillarité au fils Vern, Pern, Vernon…

Reste l’énigme «Joseph».

Philippe Medan, qui inlassablement, épluche les actes des communes, reste convaincu qu’il n’y a jamais eu que Jean Vern, Pern pour établir la famille Vernet.

Ah, cette finale manquante du nom de famille sur la page du registre du patriarche Jean de Mayence !

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* Jean Vern, le père, s’est lui aussi illustré en passant en cour martiale à Cayenne alors qu’il avait 17 ans.

 

Les prénoms dans la famille Horth

Les prénoms de la famille Horth de 1765 à 1935.

Les prénoms de la famille Horth de 1765 à 1935.

 

Pour ce nuage de prénoms , nous avons pris en compte les prénoms qui figurent dans les actes de la vie religieuse et civile.

Certains sont vraisemblablement des prénoms composés, mais il était difficile d’appliquer une règle sans savoir si, par exemple, la personne se prénommait Marie, ou Marie-Léodate. D’où la décision arbitraire de ne pas considérer les prénoms composés.

Par ailleurs, nous avons pris en considération uniquement les descendants portant le nom de la famille, en écartant les descendants nés des mariages.

Ce nuage illustre la tendance des prénoms sur 86 personnes qui ont porté le nom de Horth.

On note une prédominance du prénom de Marie sur celui de Jean alors que du côté Vernet, ces deux prénoms sont presque à égalité !

 

Il était une fois, Antoine Horth

Maison de la famille Horth, à Cayenne, en 1986.

Maison de la famille Horth, à Cayenne, en 1986.

L’histoire que nous reconstituons est basée sur les actes d’état-civil que nous avons consultés aux archives de l’Outre-mer, sur internet (Généalogie et histoire de la Caraïbe), dans les mairies, dans les recensements ou les livres des historiens (voir notre section livres, articles & radio) ainsi que sur des échanges d’informations entre généalogistes.

Sans aucun doute, celle qui se transmet de génération en génération au sein de la famille, est différente, et c’est tant mieux, car elle permet de rectifier et compléter les faits abrupts des actes.

Antoine Horth

Antoine Horth (Horde) est jeune lorsqu’il quitte le Palatinat. La région est en train de devenir le réservoir d’émigration des Amériques. Attiré par les promesses d’une terre, de vivres en suffisance pour la cultiver dans les premières années de l’installation, et l’assurance que son voyage sera pris en charge, s’est-il rendu au centre de recrutement des colons de la Guyane à Spire (Speyer aujourd’hui) ? Pour l’instant, nous n’en savons rien. Mais lorsqu’il apparaît sur le recensement de l’anse Malmanoury en 1765, il se déclare originaire de cette ville.

Cependant, le premier document mis à jour le concernant émane de St-Jean d’Angély, en Saintonge (Bulletin n°89 – janvier 1997, Généalogie et histoire de la Caraïbe).

Antoine déclare être âgé de 20 ans. Son père se prénomme Georges. A cette étape, le jeune homme est noté comme originaire de Maikerne (Mackern ?) dans le Palatinat. Sur internet, nous n’avons pu trouver des Horth dans cette région, une enquête auprès des services d’archives de la ville s’avère nécessaire.

Antoine Horth serait arrivé le 25 octobre 1763 à St-Jean d’Angély, mais il ne se serait embarqué que le 6 avril 1764 pour la Guyane.

Dans la liste des bateaux que nous avons pu établir à partir des notes d’historiens, cette date le ferait partir comme passager dans un convoi de 5 ou 7 bâtiments.

Antoine Horth est arrivé en Saintonge en octobre 1763. Il ne partira que le 6 avril 1764, accompagné de Catherine Thomas et de son fils d'un premier mariage, Antoine, âgé de 15 ans. Ils arrivent un mois plus tard aux Iles du Salut, où ils resteront au moins jusqu'en février 1765. Puis, on les retrouve en mars de la même année, installés à Malmanoury.

Antoine Horth est arrivé en Saintonge en octobre 1763. Il ne partira que le 6 avril 1764, accompagné de Catherine Thomas et de son fils d’un premier mariage, Antoine, âgé de 15 ans. Ils arrivent un mois plus tard aux Iles du Salut, où ils resteront au moins jusqu’en février 1765. Puis, on les retrouve en mars de la même année, installés à Malmanoury.

 

Il débarque aux Iles du Salut. A l’époque, il n’y a plus de place dans le camp de Kourou, et Cayenne n’accepte pas les colons.

On repère le nom de Horth sur un bordereau de caisse aux îles du Salut en février 1765 : Antoine a effectué des travaux de menuiserie pour le roi, et a reçu 6 livres. Sur le même bordereau, figure aussi un certain Georges Vernet, payé 19 livres.

Antoine survit aux maladies qui font tomber les colons comme des mouches. Les îles sont couvertes de tentes de toile. Des Anglais qui croisent au large « en quête de tortues » ne manquent pas de signaler la chose, un peu effrayés, à leur retour aux Barbades :

Alors qu’ils s’approchaient plus près des terres, ils découvrirent un grand nombre de tentes sur chacune des îles au point qu’ils pensaient qu’elles puissent héberger un campement de 4 et 5 000 hommes. Celles-ci étaient dressées comme celles destinées à des officiers.

En mars 1765, Antoine Horth figure sur le recensement des habitants de l’anse Malmanoury, à une vingtaine de kilomètres de Sinnamary. Il n’est pas seul. Il a un associé, Wolfram, originaire de Landau. Mais surtout, il a une femme, Catherine Thomas, et un fils, Antoine, âgé de 16 ans.

Ce qui fait « rude » le changement de situation sociale. Pour comprendre, il faut faire « machine arrière », et considérer Mme Antoine Horth.

Catherine Thomas, épouse de Antoine Horth

Selon Pierre Thibaudault, Catherine Thomas, veuve d’un sieur Thervaugre ou « de Thervaugre », s’était remariée à un maçon de 45 ans, Magnus Heister. Mais, Magnus serait décédé à St Jean d’Angély avant l’embarquement.

Ne serait-ce pas en Saintonge que les accords se font avec Antoine Horth qui peinait à pouvoir embarquer depuis un an ?

Dans les départs, les familles sont privilégiées. Les jeunes mariés perçoivent des primes. Antoine aurait-il « conclu » un mariage avec Mme Thervaugre pour atteindre la Guyane ?

 Antoine junior, fils de Catherine Thomas et « Thervaugre »

Sur une liste de futurs colons, établie à St-Jean d’Angély, apparaît Antoine Kesnauvre, fileur de tabac (15 ans), natif de Gelauu (?), Selann(?), Gelann (?) près de Strasbourg, présenté comme le fils d’Antoine, charpentier.

Charpentier ? Mais, c’est l’un des talents d’Antoine Horth. A moins que le père biologique de l’adolescent ait exercé le même métier que Horth et se soit aussi prénommé, Antoine. Ce qui serait une belle succession de coïncidences !

Quoiqu’il en soit, Antoine Horth junior disparaît totalement des registres de la région de Sinnamary après le recensement de 1765 et de 1767.

Un incendie a éclaté en 1768 et a brûlé tous les registres paroissiaux et documents du bourg. Ce qui permet de supposer qu’il a pu décéder en 1767 ou 1768.

A moins qu’il n’ait repris le nom de son père, Kesnauvre ou Thervaugre. Un nom qui offre une palette de déclinaison possible et qu’il soit parti dans une autre commune guyanaise, tout comme Wolfram Mahère, Mayer ou Meyer, l’associé.

L’associé, Wolfram< Mahère, Mayer ou Meyer/strong>

Wolfram est marié et père de deux enfants au départ de France. Mais, il est seul à l’arrivée. Il se remarie et perd sa nouvelle épouse très rapidement.

Curieux, ce destin qui amène Wolfram à demeurer avec la famille puisqu’il est, lui aussi, enregistré dans le recensement à l’anse de Malmanoury. Mais l’histoire s’arrête là, car son nom n’apparaît plus dans les registres paroissiaux.

Les Horth, mariés ou pas mariés ?

Antoine senior et Catherine Thomas ne sont pas répertoriés dans des actes de mariage en Saintonge (mais alors pourquoi sont-ils notés ensemble à l’embarquement), se seraient-ils mariés à Sinnamary et leur acte de mariage aurait-il disparu en fumée lors de l’incendie des registres ?

Ou bien, il n’y a jamais eu d’épousailles officielles, et les Horth se sont déclarés tout seuls « mari et femme ».

Autre inconnue : Antoine et Catherine ont-ils eu un fils, né à Malmanoury, prénommé Joseph dans les années 1767 ou 1768 ou bien ont-ils adopté un orphelin, prénommé Joseph.

A cette époque, en effet, il y un garçonnet de 8 ans, Joseph Vernet sur l’anse de Malmanoury, doté de deux frères, Jean et Jacob.

En tout cas, Antoine Horth finit mal : assassiné en décembre 1793 sur son abattis.

La légende familiale veut qu’il ait été tué par l’un de ses « esclaves » à qui il avait refusé un bol de chocolat.

En résumé :

Catherine, veuve Thervaugre, venue des pays rhénans, pour partir en Guyane, a épousé Magnus Heister en secondes noces. Mais, Magnus disparaît en Saintonge. Catherine rencontre Antoine Horth, originaire du Palatinat, qui est à St-Jean d’Angély depuis bientôt un an. Avec lui, elle quitte la France, emmenant Antoine, 15 ans, le fils de son premier mariage.

Wolfram connaît les Horth depuis la Saintonge.Veuf, ayant perdu ses enfants, il s’installe avec eux sur l’anse de Malmanoury.

Alors qu’Antoine, fils Thervaugre, disparaît en Guyane, un garçonnet Joseph Horth apparaît bientôt dans les registres paroissiaux.

 

Les Vernet

Georges est vigneron, originaire du Palatinat.

Il voyage avec sa femme, Catherine Märcklin, ses trois fils, Jean, Jacob et Joseph et leurs trois filles, Marie-Catherine, Catherine et la petite Elisabeth, qui n’a que deux ans à son arrivée aux Iles du Salut.

On les retrouve ensuite à Iracoubo.

Puis, on perd la trace des parents et des trois filles, pour ne retrouver que celles des fils Vernet.