Lire entre les lignes des registres

Dans les registres paroissiaux, il arrive souvent de tomber sur des annotations :

Cayenne. L’an 1764, le 6 octobre a été inhumée une petite fille allemande paraissant âgée de 10 ou 12 ans, morte hier dans le temps queelle allait s’embarquer avec ses parents pour aller aux Isles du Salut, restant auparavant à la Briquerie. J’ignore son pays, son nom et celui de son père et sa mère n’ayant pu avoir son signalement malgré les diligences que j’ai faites.

21 fructidor an IX à Sinnamary. Pierre Rochereau (originaire de l’île Saint-Jean), veuf de Marguerite Grossin (originaire de Louisbourg) dont il a eu 4 enfants, épouse ce jour-là  la veuve Beccard.

Puis,

Le citoyen Rocherot ayant proposé à la citoyenne veuve Beccard de venir habiter sa maison et dépendance à Corossony a reçu un refus de la veuve qui a répondu jamais avoir l’intention de le suivre, qu’elle était accoutumée à sa petite case à Sinnamary, qu’elle ne voulait pas en sortir qu’il pouvait gouverner le bien de Corossony comme l’entendait, qu’elle ne se déplaçait pas, et d’autres propos qui ont occasionné un vif débat d’où est résulté le refus que fait le citoyen Rocherot de passer outre, le mariage étant annulé par le fait de la volonté dudit Rocherot.

Lamoureux Jean, décédé le 9 mai 1827,

étant très pris de boisson et chancelant, s’arrêta un instant près d’eux (Charles Chanebaudet, Joseph Cousin et Pierre Queriot) le dit jour, à six heures et demie du matin, qu’ils aprirent de lui qu’il était sorti seul avant jour de sa case, sise anse du Cocotier, trois lieux au vent de cette rivière de Sinnamary et qu’il se promenait, que le voyant dans cette état, ils le prièrent de s’en retourner chez lui, au au moins de les attendre un petit moment, qu’ils partiraient ensemble. Mais ce fut inutilement. Il les quitta et continua l’anse. Un instant après qu’il fut parti, ils vinrent eux-mêmes sur le bord de la rivière où Jean Lamoureux ne faisait que d’arriver, étonnés de ne pas le voir, ils reconnurent de suite par ses pas bien preints sur le sable qu’il était entré sans détours dans la rivière, il y avait un instant et qu’enfin le fort courant venait de l’emporter. Pourquoi ils déclarent être certains qu’il s’est noyé. Le sieur Pierre Lamoureux habitant tout près, voisin et frère gemeau du sieur Jean, a un devoir de corroborer la déclaration ci-dessus, en nous déclarant que depuis le 9, dans la matinée il avait appris par la négresse domestique de son dit frère Jean, aveugle qu’il était parti de sa case avant jour, il avait eu consigne de suite envoyer inutilement de tout côté à sa recherche.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s